Traitements mini-invasifs

L’offre de soins destinée aux femmes qui souffrent de fibromes utérins comportent plusieurs traitements mini-invasifs auxquels peuvent prétendre les patientes.

Pour vous aider à y voir plus clair afin que vous puissiez en discuter avec votre médecin, nous vous présentons dans cette rubrique les traitements non-chirurgicaux et mini-invasifs disponibles en France.

 

Embolisation des artères utérines

L’embolisation des artères utérines est un traitement de radiologie interventionnelle qui se pratique en France depuis plus de 30 ans.

L’embolisation a vu le jour en 1992 à l’hôpital Lariboisière. Également appelée embolisation des fibromes utérins (EFU), l’embolisation des artères utérines (EAU) est un traitement alternatif à la chirurgie et à l’hystérectomie qui se pratique par des radiologues interventionnels dans presque tous les grands centres hospitaliers.

Le traitement s’effectue sous anesthésie locale par voie fémorale via le pli de l’aine ou par voie radiale via le poignet. L’accès par le poignet a l’avantage d’éviter à la patiente de rester allongée et immobilisée pendant plusieurs heures sur le dos.

A l’exception des fibromes sous-muqueux, tous les fibromes peuvent être traités par embolisation. L’hospitalisation dure 24 à 48h. Le traitement consiste à injecter à l’aide d’un cathéter, des micro-billes dans les vaisseaux qui irriguent le fibrome afin d’entraîner sa dévascularisation. Le fibrome ne disparaît pas mais diminue de volume progressivement, ce qui va permettre de réduire les symptômes et d’améliorer la qualité de vie.

Après sa dévascularisation, le fibrome se résorbe progressivement et finit par s’assécher au bout de quelques mois.

 

Suites opératoires et efficacité de l’embolisation

Le délai de retour à des activités normales est d’environ 7 à 10 jours. Le taux d’efficacité de l’embolisation est équivalent aux traitements chirurgicaux, notamment en ce qui concerne la diminution des saignements, des douleurs pelviennes et du volume de l’utérus du fait de la réduction substantielle du fibrome.

Les données actuelles de la recherche démontrent une grande efficacité à long terme de l’embolisation. Soit un taux de succès estimé entre 81 % et 96 % pour les saignements abondants et les douleurs. Le taux d’échec de l’embolisation est estimé à court terme à 5% et à long terme à 15 %. Cet échec peut se manifester par une récidive de vos symptômes.

Comme tout acte médical, l’embolisation présente des risques qu’il convient d’aborder avec votre médecin avant votre embolisation.

Douleurs pelviennes intenses, fièvre et nausées peuvent survenir pendant l’intervention et les jours qui suivent. C’est une réaction normale liée à la mort cellulaire du fibrome. Un protocole anti-douleur vous sera proposé pendant l’intervention et à votre domicile pour vous soulager.

Écoulements vaginaux, fragments de fibromes peuvent survenir dans les semaines qui suivent l’intervention.

Dans certains cas, un risque d’arrêt temporaire ou définitif de la fonction ovarienne pouvant survenir chez les femmes de plus de 45 ans, occasionnant une ménopause prématurée. Ce risque est estimé à environ 5-10 %.

 

Embolisation et fertilité : la fin de la controverse ?

L’embolisation a longtemps fait l’objet d’une controverse au sujet de la fertilité. Le risque d’infertilité est faible mais doit être pris en compte et la patiente informée.

État des lieux de la recherche en France et à l’international

Le Docteur Olivier Serres-Cousiné, radiologue interventionnel à Montpellier, a publié en 2021 dans l’American Journal of Obstrics & Gynecology, les résultats de son étude

portant sur l’embolisation des fibromes, la fertilité et la grossesse. Cette étude a été réalisée de 2003 à 2017 auprès de 398 femmes souffrant de fibromes et ayant un désir de grossesse. C’est la première étude française de grande envergure portant sur l’embolisation et la fertilité, réalisée à grande échelle.

148 grossesses et 109 naissances d’enfants ont été recensées parmi les femmes ayant participé à l’étude.

Une analyse comparative publiée dans la revue Nature – Scientific Reports en 2024, a montré que l’embolisation présente moins de complications que la myomectomie. Toutefois, les traitements chirurgicaux ont un taux de grossesses et de naissances vivantes supérieur à l’embolisation, en raison d’un risque de fausse couche statistiquement plus élevé après embolisation.

Les points clés à aborder avec votre médecin

Si vous avez un désir de grossesse et souhaitez recourir à l’embolisation, assurez-vous que votre radiologue interventionnel effectue une cartographie de vos artères en vue de la mise en place de dispositifs de protection de vos ovaires afin de vous permettre de conserver toutes vos chances de grossesse future.

L’utilisation de barrières de protection des ovaires durant l’intervention est une précaution qui permet de cibler uniquement les fibromes à traiter sans endommager votre réserve ovarienne.

L’avis de Fibrome Info France

L’embolisation des artères utérines est une chance pour les femmes qui offre une alternative moins invasive à la chirurgie lourde. Ce traitement est pris en charge par la Sécurité Sociale et se pratique dans la quasi-totalité des Centres Hospitaliers Universitaires (CHU) et cliniques spécialisées.

 

Ultrasons focalisés (Hifu)

Également appelé HIFU (High Intensity Focused Ultrasound) la thermodesctruction des fibromes par ultrasons focalisés est un traitement non-invasif.

Déroulement du traitement et conditions d’éligibilité

Le traitement des fibromes par ultrasons focalisés se pratique en France depuis 2007 par des radiologues interventionnels. Ce traitement s’effectue à l’intérieur d’un appareil d’imagerie par résonance magnétique (IRM). La patiente allongée dans le tunnel de l’IRM, reçoit à travers la peau des ultrasons focalisés dirigés sur le fibrome à traiter par un échauffement de 70° à 80°C.

Le traitement s’effectue sur la surface de la peau et ne nécessite aucune incision.

Durant l’intervention, l’IRM contrôle l’administration des ultrasons en permanence. La durée de la séance dépend de la taille du fibrome à traiter, soit environ trois heures pour un fibrome mesurant 8 cm. L’intervention s’effectue en ambulatoire et sans anesthésie. Une sédation légère est administrée à la patiente durant le protocole.

La thermodestruction des fibromes par ultrasons focalisés ne nécessite pas d’arrêt maladie. La reprise des activités se fait généralement au bout de 24 à 48 heures.

Après le traitement, la régression des fibromes s’effectue progressivement et entraîne une diminution de la taille du fibrome et la disparition des symptômes. Des contrôles sont prévus 3 et 6 mois après le protocole. Tous les fibromes ne peuvent pas être traités par ultrasons focalisés. Votre éligibilité dépendra de la grosseur de votre fibrome, sa localisation et celles des organes vitaux avoisinants. De plus, le traitement des fibromes par ultrasons focalisés n’étant pas remboursé par la Sécurité Sociale, le rend aujourd’hui quasi inaccessible pour la majorité des patientes.

Le CHU de Bordeaux, historiquement pionnier en France de ce traitement, y a renoncé en 2025, après le CHU de Tours, pour des raisons budgétaires. A ce jour, le Centre Hospitalier Princesse Grâce de Monaco est le seul établissement français qui dispose d’un plateau technique de pointe proposant ce traitement.

L’avis de Fibrome Info France

La thermodestruction des fibromes par ultrasons focalisés est un traitement non-invasif et incontestablement une innovation thérapeutique et une alternative non-chirurgicale efficace. La non-prise en charge de ce traitement par l’Assurance Maladie, le rend quasi inaccessible pour la majorité des patientes.

 

Radiofréquence : le traitement par la chaleur thermique

Le traitement des fibromes par radiofréquence consiste à détruire le tissu du fibrome par la chaleur. Le traitement s’effectue sous contrôle échographique à l’aide d’une sonde au bout de laquelle se trouve une aiguille chauffée à plus de 90°. C’est un traitement mini-invasif qui peut s’effectuer par voie vaginale ou par cœlioscopie via de petites incisions faites sur le ventre pour introduire la caméra.

L’intervention est réalisée en ambulatoire sous sédation ou anesthésie générale et dure environ 5 à 30 minute en fonction de la taille des fibromes à traiter. Après l’intervention, une diminution de 40 % à 50 % de la taille du fibrome peut être observée au bout de six mois, et de 70 % au bout d’un an, entraînant un arrêt progressif des symptômes.

A ce jour, le traitement des fibromes par radiofréquence se pratique dans une poignée d’établissements. Le protocole n’est pas prise en charge par l’Assurance Maladie.

Conditions d’éligibilité :

La radiofréquence est indiquée pour les fibromes sous-muqueux mesurant idéalement moins de 8 cm.

Les fibromes sous-séreux pédiculés sont une contre-indication à la radiofréquence en raison d’un risque de prolifération pouvant occasionner une infection.

 Radiofréquence, fertilité et désir de grossesse

La radiofréquence est un traitement innovant dont on dispose pour l’instant de peu d’informations et peu de recul.

Le recours à ce traitement pour les femmes ayant un désir de grossesse est pour l’heure déconseillé. Notamment en raison d’un risque de perforation de l’utérus pouvant survenir pendant l’intervention.

Par ailleurs, lorsque ce traitement est effectué par voie vaginale, l’intensité de la chaleur pourrait créer des lésions sur l’endomètre, pouvant être responsables de synéchies.

L’avis de Fibrome Info France 

La radiofréquence est une formidable innovation. Tant par la rapidité du protocole que par la minutie du geste.

Si vous souhaitez recourir à ce traitement, demandez à votre médecin quelle voie d’accès sera utilisée.

Vous informer sur la voie d’accès vous permettra d’aborder avec votre médecin trois questions essentielles : le type d’anesthésie auquel vous aurez droit, les suites opératoires et la durée moyenne de votre récupération.

Tout dépend de la localisation des fibromes, mais l’alternative principale serait l’embolisation.

La limite décrite dans la littérature médicale est souvent de 10 cm. Au-delà, l’efficacité du traitement préconisé doit être rapide car il y a avec ce volume utérin un retentissement sur les organes voisins. Le traitement chirurgical est donc le plus adapté pour une efficacité rapide, les résultats de l’embolisation ne se voyant que 3 à 6 mois après le traitement.

Une diminution de 30 à 50 % du volume du fibrome peut se produire.

L’embolisation des fibromes traite efficacement les ménorragies, les symptômes de compression et les douleurs pelviennes dans 90 % des cas à court terme. L’efficacité sur les ménorragies et les symptômes de compression est de 75 %. La réduction du volume utérin à six mois varie entre 30 et 60 % et la réduction de volume du fibrome dominant varie entre 50 et 80 % six mois après l’intervention.